Fouilles programmées et fouilles préventives

Il convient de distinguer deux types de fouilles :

Les fouilles préventives interviennent en prévention des destructions inévitables de sites archéologiques, ce qui est très fréquent : construction d’une autoroute, d’une zone commerciale ou industrielle, d’un lotissement, d’une ligne ferroviaire, élargissements d’une route, et beaucoup d’autres cas. Ces fouilles sont prescrites par le Ministère de la Culture avant le démarrage des travaux, une fois qu’un diagnostic a révélé des vestiges. Les équipes sont exclusivement constituées d’archéologues professionnels, qui interviennent dans un laps de temps et une enveloppe budgétaire limités. Leur travail terminé, les travaux peuvent commencer. A Saint-Dizier, de telles fouilles ont par exemple eu lieu en 1993 avant les travaux de la zone commerciale du Chêne Saint-Amand, en 1996 avant la construction du contournement routier sud, en 2010 et 2011 avant l’installation de la Zone de Référence, mais aussi à l’emplacement de l’ancien hôpital lors de sa transformation en lotissement en 2015.

Les fouilles programmées ont lieu sur des sites qui ne sont pas menacés de destruction mais qui intéressent les archéologues. Ce sont des sites dont la présence est connue, que les archéologues désirent explorer afin de répondre aux questions historiques qu’ils se posent dans leurs recherches. Une fois l’autorisation accordée par le Ministère de la Culture, ces fouilles se déroulent en général durant l’été car l’équipe est constituée de bénévoles (souvent des étudiants en archéologie qui viennent se former).

Dans les deux cas, la méthode de fouilles reste la même : la fouille dite « stratigraphique », où chaque couche de sédiment distinguée, chaque strate, doit faire l’objet d’une description. Les objets qui y sont trouvés ne doivent pas être mélangés à ceux des autres strates.

Squelette de cheval – fouilles préventives de la Tuilerie en 1998. ©DR

La fouille des Crassées a failli être une fouille préventive : dans les années 2000, bien que les bains gallo-romains soient déjà connus, l’hectare de terrain est l’objet d’un projet immobilier privé. Mais le diagnostic réalisé en prévention en 2004 révèle une telle richesse archéologique que le promoteur n’a pas les moyens financiers d’en assurer la fouille. Il abandonne le projet et la ville de Saint-Dizier décide de lui racheter le terrain afin de pouvoir organiser sereinement l’exploration du sous-sol. Ce sera une fouille programmée.